Holding SAS ou SARL : Quel statut choisir ?

Cet article en bref
- Objectif stratégique : La SAS est idéale pour faire entrer de nouveaux investisseurs, tandis que la SARL est parfaitement adaptée aux projets familiaux et stables.
- Rémunération du dirigeant : En SARL, le gérant majoritaire a le statut de Travailleur Non Salarié (TNS). En SAS, le président est assimilé-salarié et peut même être une personne morale.
- Fiscalité des dividendes : Les dividendes versés par une SAS ne subissent pas de cotisations sociales. En SARL, la part dépassant 10 % du capital social y est assujettie.
- Cadre juridique : La SAS offre une immense liberté pour rédiger les statuts. La SARL dispose d’un cadre légal beaucoup plus strict.
En 2026, structurer son entreprise via une holding est une étape incontournable pour les dirigeants qui souhaitent optimiser leur trésorerie, racheter des concurrents ou préparer leur transmission. Mais au moment de créer cette société mère, une question centrale se pose : devez-vous opter pour une SAS (Société par Actions Simplifiée) ou une SARL (Société à Responsabilité Limitée) ?
En tant qu’expert-comptable à Grenoble et expert-comptable à Voiron, le cabinet Sermorens Consultants constate souvent que ce choix est fait à la légère. Pourtant, il impacte directement votre protection sociale, l’imposition de vos dividendes et la rentabilité de votre groupe. Voici les critères clés pour prendre la bonne décision.
Définition : qu’est-ce qu’une holding ?
Définition
Une holding est une société mère qui détient des participations (actions ou parts sociales) dans d’autres entreprises, appelées filiales. Son but est de centraliser le contrôle et de faire circuler la trésorerie au sein d’un groupe en bénéficiant d’avantages fiscaux majeurs.
👉 Pour aller plus loin, découvrez notre article : [La holding pour les nuls : comprendre le concept en 5 min]
Quelle est votre stratégie de développement à long terme ?
Le choix de la forme juridique ne doit pas reposer uniquement sur la fiscalité. Vos objectifs de croissance dictent la marche à suivre :
Pour un outil d’investissement et de croissance :
Si votre stratégie est d’innover et de faire entrer rapidement plusieurs investisseurs ou fonds de capital-risque, optez pour la SAS. C’est le choix le plus courant pour les holdings car la cession des actions y est très libre.
Pour un projet familial et de transmission :
Si vous travaillez avec des associés historiques ou des membres de votre famille, la SARL is bien plus protectrice. Son cadre juridique strict permet de verrouiller le capital. Elle est également très adaptée si vous préparez la transmission de votre entreprise à vos enfants.
Quelle flexibilité juridique recherchez-vous pour vos statuts ?
La souplesse de la SAS :
La SAS offre une liberté statutaire exceptionnelle. Vous pouvez organiser le fonctionnement de la direction et les prises de décision presque sans contraintes. Les statuts sont généralement complétés par un pacte d’associés pour encadrer précisément les entrées et sorties d’investisseurs.
La rigueur de la SARL :
La loi encadre strictement la SARL. La gérance doit obligatoirement être assurée par une personne physique. De plus, pour vendre des parts sociales à un tiers, vous devez obtenir l’accord (l’agrément) des autres associés.
Comment souhaitez-vous optimiser votre rémunération de dirigeant ?
Créer une holding est une excellente stratégie pour piloter votre propre rémunération. Il faut analyser le statut social qui en découle :
Le gérant majoritaire de holding SARL :
Il relève du statut de Travailleur Non Salarié (TNS). Le coût des charges sociales sur sa rémunération est d’environ 45 % du salaire brut. Ce taux étant relativement faible par rapport au régime salarié, il est financièrement très intéressant de se verser une rémunération de gérance directement depuis la holding SARL.
Le président de holding SAS :
Il est assimilé-salarié et bénéficie du régime général de la sécurité sociale (sans cotiser au chômage). Une stratégie fréquente consiste à nommer la holding SAS comme « présidente » de la société d’exploitation (qui est elle aussi une SAS). La holding facture son mandat de direction (management fees) à la filiale. L’avantage pour le dirigeant est de pouvoir se verser la trésorerie remontée sous forme de dividendes, en évitant les lourdes charges sociales liées aux salaires.
Point de vigilance : l’optimisation via le conjoint
Si votre conjoint(e) a le statut de salarié(e) au sein de votre holding SARL, vous pouvez mettre en place des outils de rémunération très puissants comme le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ou l’épargne salariale. Ces primes profitent d’une quasi-exonération de charges sociales et d’une fiscalité allégée, optimisant ainsi les revenus globaux de votre foyer directement depuis la société mère !
Quel est l’impact sur la fiscalité et la distribution des dividendes ?
Le principal avantage d’une holding est le régime mère-fille. Ce dispositif permet aux dividendes versés par vos filiales de remonter vers la holding en étant exonérés d’impôt sur les sociétés (IS) à hauteur de 95 %. L’imposition effective se limite donc à environ 1,25 % de la somme distribuée.
👉 En savoir plus avec notre guide : [Régime Mère-Fille : optimiser vos dividendes]
Une fois cet argent arrivé dans la holding, vous pouvez le réinvestir dans de nouveaux projets. Mais si vous décidez de vous le verser à titre personnel, la forme juridique crée une grande différence :
Dans une holding SAS :
La distribution de dividendes ne donne lieu à aucun paiement de cotisations sociales. Vous n’aurez qu’à payer l’impôt personnel (la Flat Tax de 30 %).
Dans une holding SARL :
Si vous êtes gérant majoritaire, la partie de vos dividendes qui dépasse 10 % du capital social (plus les primes d’émission et les comptes courants) est automatiquement soumise aux cotisations sociales des indépendants.
En résumé : quel choix pour votre holding ?
| Critère d’analyse | Holding SAS | Holding SARL |
|---|---|---|
| Profil idéal | Investisseurs, croissance rapide, montages complexes. | Projets familiaux, stabilité, entrepreneurs seuls. |
| Statut du dirigeant | Assimilé-salarié (si rémunéré) ou personne morale. | Travailleur Non Salarié (TNS) si majoritaire. |
| Cession des titres | Libre par principe, flexibilité maximale. | Encadrée par la loi, agrément obligatoire. |
| Charges sur dividendes | Aucune cotisation sociale. | Cotisations sur la part supérieure à 10 % du capital. |
Le choix entre SAS et SARL est du sur-mesure. La carotte fiscale ne fait pas tout : il faut anticiper vos besoins en protection sociale, vos objectifs de transmission et le type de partenaires que vous souhaitez attirer.
Pour ne pas vous tromper et construire une stratégie juridique solide, faites-vous accompagner par une équipe experte. Le cabinet Sermorens Consultants, votre expert-comptable à Grenoble et expert-comptable à Voiron, est à vos côtés pour structurer votre groupe.
À propos de l'auteur Jean-Noël Bouffar-Roupé
Fort de 21 années d’expérience au sein du cabinet Sermorens Consultants, Jean-Noël Bouffar-Roupé est Chef de mission, où il accompagne de manière rapprochée les entrepreneurs dans l’atteinte de leurs objectifs de réussite. Ses 21 années passées dans le cabinet lui ont permis de développer une solide expertise en gestion comptable, fiscale et financière

